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Innovation au CAF d’Ahuntsic: des élèves allophones s’impliquent dans la communauté pour améliorer leur français oral

Propos de Lucie Libersan, enseignante de français et responsable du centre d’aide en français au collège Ahuntsic, recueillis par Jean-Philippe Boudreau

CAF novateurs

Les élèves allophones issus de l’immigration récente éprouvent souvent de grandes difficultés à communiquer oralement en français, et ce, même lorsqu’ils ou elles ont acquis une bonne maitrise de la langue écrite. Pour combler ces lacunes, qui peuvent non seulement entraver leur parcours scolaire et professionnel, mais également nuire à leur intégration à la société d’accueil, nombre d’élèves se tournent vers l’une ou l’autre des formules d’aide spécifiques mises sur pied à leur intention dans les centres d’aide en français (CAF). Dans le cadre de sa chronique « CAF novateurs », le bulletin Correspondance s’est intéressé à l’une de ces mesures développée au collège Ahuntsic à l’intérieur d’un projet d’innovation pédagogique. Intitulée « Donnez au suivant », la formule conjugue amélioration du français oral et renforcement du sentiment d’appartenance à la communauté collégiale. Lucie Libersan, instigatrice du projet, répond à nos questions.

Correspondance — En quoi consiste le projet « Donnez au suivant », actuellement mis à l’essai au centre d’aide en français du collège Ahuntsic?

Lucie Libersan — Cette mesure d’aide apporte un complément intéressant à celles qui sont déjà offertes en langue seconde et qui misent surtout sur un soutien individuel en français écrit. Elle vise à donner l’occasion aux personnes allophones d’améliorer leur maitrise de l’expression orale tout en renforçant leur intégration à la communauté collégiale. Nous croyons en effet que la maitrise de la langue, et tout particulièrement de la langue orale, dépend étroitement de la qualité de l’interaction sociale et de la force du sentiment d’appartenance à la communauté; nous croyons également que ce sentiment se développe de manière privilégiée dans un contexte de travail collaboratif. C’est précisément le contexte que nous cherchons à offrir à travers cette formule qui consiste à engager des élèves allophones dans des activités bénévoles au collège. Chaque participante – trois étudiantes du secteur technique ont participé au projet pilote à la session d’automne – cumule jusqu’à 60 heures d’activités dans une même session, soit possiblement 3 heures de bénévolat et 2 heures de travail individuel par semaine, pendant 12 semaines. Une tutrice[1] ayant suivi le cours de tutorat au CAF accompagne l’élève tout au long des activités de bénévolat, et ce, afin de la soutenir dans ses interactions, de faciliter la communication avec les intervenants, de lui fournir des rétroactions sur son expression orale et, enfin, de l’encadrer dans son travail individuel.

Le projet « Donnez au suivant » a reçu l’appui d’Anne Le Blanc, directrice du Service de soutien à l’apprentissage et au développement pédagogique au collège. Il bénéficie, pour l’année 2018-2019, d’une aide financière de la direction des études (12 500 $, essentiellement pour la rémunération des tutrices), offerte dans le cadre du programme local de soutien à l’innovation pédagogique, afin de mettre à l’essai cette mesure et d’en évaluer les retombées.

Correspondance — Quels besoins spécifiques ce projet cherche-t-il à combler?

L.L. — Plusieurs enseignants et enseignantes – notamment dans les programmes de techniques de la santé, auxquels sont inscrits de nombreux élèves allophones – m’ont fait part de leurs inquiétudes quant aux difficultés qu’éprouvaient certains de ces élèves sur le plan de la compréhension et de l’expression orales. Ces lacunes sont en effet susceptibles de nuire à leur réussite dans les cours et au bon déroulement de leurs stages, donc à leur rétention au sein de leur programme d’études, puis à leur intégration en milieu professionnel. Parallèlement, selon les témoignages que nous recevons régulièrement dans le cadre de notre travail au centre d’aide en français, les élèves qui correspondent à ce profil sont souvent peu exposés à la culture francophone; nombre d’entre eux s’expriment rarement en français à l’extérieur du collège et participent peu à la vie étudiante.

Or, nous leur offrons ici la chance d’intégrer la pratique orale du français à leur vie quotidienne et donc, de travailler sur plusieurs fronts à la fois. En bénéficiant d’un accompagnement très soutenu et d’une rétroaction immédiate lors des activités de bénévolat, ces élèves ont la possibilité de s’exprimer avec une plus grande assurance, de mieux comprendre les particularités du français parlé au Québec et d’enrichir leur réseau social. Plus précisément, l’activité leur permet de créer des liens avec leur environnement collégial, de développer un sentiment d’appartenance et de se sentir valorisés en réalisant des tâches utiles à la communauté, de développer des habitudes quotidiennes de communication orale en français, de distinguer les différents registres du français parlé, de s’exprimer avec plus d’aisance dans une variété de situations de communication et de mieux comprendre les propos de leurs interlocuteurs. À terme, nous estimons que cette mesure peut également les aider à améliorer leurs performances scolaires et à réussir leurs projets professionnels.

Correspondance — Comment se déroulent les activités associées à cette mesure d’aide?

L.L. — Il faut d’abord préciser que toutes les activités et rencontres se déroulent entre les murs du collège Ahuntsic, c’est-à-dire dans différents services du cégep et au CAF. Selon leurs centres d’intérêt, leurs préférences et leurs disponibilités, les participants et participantes sont d’abord invités à choisir une ou plusieurs activités d’engagement communautaire au sein du collège (voir quelques exemples dans le tableau ci-dessous). En effet, dès la demande de financement du projet, nous avons voulu que les différents services et organisations parascolaires du collège proposent des tâches où les habilités communicationnelles seraient particulièrement sollicitées et pour lesquelles des élèves allophones en situation d’apprentissage pourraient être mis à contribution de manière concrète et significative.

Tableau 1
Quelques exemples d’activités bénévoles suggérées dans le cadre du projet « Donnez au suivant »
Services impliqués
Exemples de tâches demandées

Sport étudiant et environnement

Participer à des projets du Comité d’action de concertation en environnement (CACE) du collège. Par exemple, tenir un kiosque d’information sur le commerce équitable ou participer aux activités de production, de promotion et de vente du miel issu des ruches urbaines du collège.

Affaires étudiantes

Collaborer, avec un technicien en travail social du collège, à l’animation de discussions sur des sujets touchant à la vie étudiante et aux relations interculturelles.

Service d’aide à l’intégration des étudiants en situation de handicap (SAIDE)

Accompagner des élèves en situation de handicap dans certaines de leurs activités au collège.

CPE Le petit monde d’Ahuntsic

Lire des contes aux enfants du CPE.

Service de soutien à l’apprentissage et de développement pédagogique (SSADP)

Contribuer à l’organisation et à l’animation de la Semaine de valorisation du français.

Fabrique Ahuntsic, SSADP

Collaborer à des ateliers du laboratoire de création communautaire du collège. Par exemple, soutenir les usagers dans l’utilisation d’une imprimante 3D, expliquer le fonctionnement d’un logiciel, etc.

Bibliothèque Laurent-Michel Vacher

Participer à l’organisation d’événements culturels à la bibliothèque du collège.

Espace le vrai monde?

Participer à la promotion des spectacles présentés à l’Espace le vrai monde?; accueillir des visiteurs au kiosque lors de la journée portes ouvertes du collège.

International

Participer à l’accueil de délégations étrangères au collège, par exemple en animant certaines portions de visites guidées.

Approvisionnement

Participer à certaines tâches courantes, comme effectuer des relances téléphoniques auprès des fournisseurs pour des produits non livrés ou afin de mettre à jour certaines informations dans les dossiers du collège.

Comptabilité

Concilier la liste de préparation des paiements des différents fournisseurs conjointement avec l’agente de bureau aux comptes à payer. Cette tâche s’effectue oralement; il s’agit de nommer à l’agente les différents fournisseurs et les montants du paiement effectué.

Une fois l’activité ou les activités choisies, l’élève, aidé de sa tutrice, se consacre dans un premier temps à la préparation de son intervention. Selon la tâche demandée, il peut s’agir de visionner des documents audiovisuels ou de réaliser des lectures complémentaires, des exercices de diction et de lecture à voix haute, ou encore, de répéter une mise en situation particulière. Par exemple, dans le cas d’un élève qui serait intéressé à faire la lecture d’un conte aux enfants du CPE Le petit monde d’Ahuntsic, il s’agira de s’informer auprès du personnel du CPE d’une thématique à aborder ou d’en choisir une soi-même, de faire de la recherche en bibliothèque pour sélectionner un livre pertinent, d’en pratiquer la lecture à voix haute avec sa tutrice et de prévoir une forme d’animation.

Lors de la tenue de l’activité bénévole, la tutrice accompagne l’élève pour l’observer dans ses interactions et peut, dans certains cas, faire des interventions ponctuelles afin de faciliter la communication ou de donner une forme de rétroaction. Comme il s’agit avant tout d’offrir des occasions d’immersion à travers lesquelles les élèves peuvent progressivement gagner confiance à l’oral en français, la tutrice doit chercher à faciliter cette prise de parole et non pas l’inhiber (en faisant, par exemple, de la correction simultanée). Un retour plus formel, après l’activité, permettra enfin de cibler des difficultés sur lesquelles l’élève pourrait s’attarder en rencontres individuelles avec la tutrice avant la prochaine intervention.

Correspondance Quelles sont les principales vertus pédagogiques (particulièrement sur le plan du développement des compétences langagières) de ces différentes activités d’engagement communautaire? 

L.L. — Les élèves allophones éprouvent souvent de la gêne à s’exprimer oralement dans une langue qu’ils ne maitrisent pas. Les trois élèves qui participent actuellement à notre projet pilote étaient toutes des professionnelles hautement scolarisées dans leur pays d’origine. De ce fait, elles ont de très grandes exigences par rapport à elles-mêmes. D’où, peut-être, leur gêne de parler en français : elles ne se trouvent pas assez bonnes. Or, avec le projet « Donnez au suivant », nous offrons à ces élèves la chance d’être reconnues pour leurs compétences et non pas réduites à leurs difficultés.

Toutes les activités bénévoles qu’on leur propose sont par ailleurs plutôt stressantes. Cela les place finalement dans un contexte de performance réelle assez proche de la situation de stage. Mais comme elles sont accompagnées dans cette démarche et qu’elles ont l’occasion de se préparer avant leurs interventions orales, elles se sentent davantage en confiance et donc plus enclines à relever de nouveaux défis.

La variété des situations de communication offertes dans ces activités est difficilement reproductible en contexte traditionnel d’enseignement-apprentissage ou de tutorat. Les participantes peuvent ainsi être appelées à animer des visites guidées, tantôt auprès d’élèves du secondaire (comme ce fut le cas dans le cadre de l’activité « Expo Robots », tenue en septembre dernier), tantôt auprès de délégations internationales et de membres de la direction, où le contexte devient soudainement plus protocolaire. Dans ce cas précis, l’une des participantes a eu à présenter l’équipement de pointe utilisé dans son programme d’études (radio-oncologie). Même si la situation de communication était stressante, elle était sollicitée alors en tant qu’experte et pouvait donc se sentir pleinement compétente sur le plan disciplinaire. Enfin, d’autres contextes de communication sont beaucoup plus ludiques, comme la tenue du kiosque d’information sur le commerce équitable, où l’élève proposait des dégustations de chocolat et de smoothies faits à partir de fruits issus de l’agriculture équitable. En plus d’expliquer certaines notions, elle devait préparer les boissons en question dans un broyeur actionné par un vélo. Qui a dit qu’on ne pouvait pas pratiquer le français oral en pédalant… et en riant ?

TÉMOIGNAGES

« Dans le cadre de cette nouvelle mesure d’aide, j’ai suivi Xiaoyan à raison de 3 à 6 heures par semaine. Elle était stagiaire au collège Ahuntsic et était chargée de la promotion à l’interne de la salle de spectacle de l’établissement. C’est une approche tout à fait hors du commun. Xiaoyan était confrontée à toute une épreuve : parler d’un sujet nouveau pour elle et performer de son mieux devant des dizaines de personnes à chaque activité. Elle était immergée dans ce milieu et sa langue se déliait peu à peu, à force d’efforts et de préparation. En tant que tutrice, je ne peux pas cacher que c’est une mesure d’aide exigeante, autant pour le tuteur que pour l’élève. Il faut être flexible pour agencer nos deux horaires selon les activités. La mesure nécessite des recherches pour trouver des partenaires dans différents domaines (environnement, gestion, art, enseignement…), de la préparation et du courage pour affronter nos craintes. Mais, après moins de dix semaines, j’ai sous les yeux une élève qui me connait et qui me fait confiance, qui parle avec plus d’assurance, qui est fonceuse et qui me rend plus humble. C’est gagnant gagnant! Elle apprend de son parcours, et moi j’apprends du sien. »

Propos d’Astrid Babkine-Ringuette, tutrice

« Je fais du bénévolat pour la salle de spectacle du collège Ahuntsic. Je dois faire la promotion de la salle. Je dois donc beaucoup me pratiquer à parler avec des gens. Cela m’aide à l’oral. D’une certaine façon, ça m’aide aussi dans mes cours. Je peux communiquer avec d’autres personnes avec confiance. D’ailleurs, ma prononciation s’améliore. J’ai encore de la difficulté à exprimer des idées et à formuler des phrases. C’est normal de prendre du temps. J’apprends et je vais continuer avec courage. »

Propos de Xiaoyan Huang, élève participante

« Au début, elle [une autre participante] semblait gênée de parler devant d’autres personnes que moi, mais le contexte ludique [le kiosque d’information avec le vélo-extracteur à jus] a rapidement détendu l’atmosphère. Les gens venaient vers le kiosque et repartaient avec le sourire. La situation n’était pas du tout antagonisante. Si les gens ne comprenaient pas un mot qu’elle venait de prononcer, ils lui demandaient poliment de répéter. Ça lui a montré que ce n’était pas grave de se tromper! Ça la rassurait également de savoir qu’en cas de problème, j’étais là. Pendant ce temps-là, je restais en retrait. Entre ses interventions, je lui proposais parfois de petits « défis » (aborder telle ou telle personne ou tel ou tel sujet) et lui offrais des encouragements. Elle m’a aussi dit qu’elle n’avait pas la possibilité de parler en français à son travail et qu’elle était donc heureuse de pouvoir le faire au collège, mais dans un autre contexte que celui de la salle de classe. »

Propos d’Élizabeth Lecavalier-Hurtubise, tutrice

Au premier plan, de gauche à droite : Kamilai Jialalidingkasimu (élève), Noémie Courion (tutrice), Astrid Babkine-Ringuette (tutrice), Xiaoyan Huang (élève) et Claudia Aguilar (élève). Derrière, au centre : Lucie Libersan (enseignante et responsable du CAF).

Correspondance D’où est venue l’idée du projet?

L.L. — L’élément déclencheur a été une discussion que j’ai eue l’année dernière avec une coordonnatrice d’un programme de techniques de la santé. Elle était venue me voir au centre d’aide pour faire état de la situation difficile vécue par certains élèves allophones qui réussissaient tous leurs cours, en formations générale et spécifique, ainsi que l’épreuve uniforme de français, mais qui éprouvaient de graves problèmes lors de leur stage, car ils n’avaient pas assez d’aisance en français oral. Pour soutenir ces élèves, j’avais d’abord pensé mettre sur pied une mesure d’accompagnement en milieu de stage, puis une source d’inspiration parallèle a fait évoluer mon idée.

Dans une entrevue qu’elle accordait l’année dernière, la comédienne Kim Yaroshevskaya, interprète du personnage-culte de Franfreluche, à la télévision de Radio-Canada, revenait notamment sur son apprentissage du français. D’origine russe, elle est arrivée au Québec vers l’âge de 10 ans, mais s’est longtemps sentie mal à l’aise de s’exprimer en français publiquement. Ainsi, dans ses premières apparitions télévisuelles en tant que Franfreluche, elle se contentait souvent de danser et parlait très peu. Puis, à force de progresser dans la langue et de gagner en confiance, elle s’est mise à consacrer une part de plus en plus importante de son émission à la lecture de contes pour enfants. J’aime à penser qu’en même temps qu’elle initiait de jeunes enfants à la lecture, Kim Yaroshevskaya se construisait elle-même en tant que locutrice francophone à travers les contes qu’elle lisait. C’est cette possibilité d’apprendre dans l’action, dans la collaboration, que j’ai voulu reproduire avec « Donnez au suivant ».

Correspondance — Quelles sont les formes d’encouragement offertes aux élèves pour les inciter à recourir à cette mesure d’aide?

L.L. — Les élèves recrutées pour le projet-pilote ont d’abord été encouragées à recourir à cette mesure d’aide par des enseignants de leur programme technique. Je leur ai ensuite envoyé un courriel pour les inviter à s’inscrire. Sur le plan institutionnel, le collège délivrera leur bulletin avec une mention d’« engagement étudiant ». Mais la motivation la plus forte demeure celle des retombées concrètes auxquelles elles peuvent s’attendre sur le plan de l’intégration et du développement des compétences langagières. Pour être tout à fait honnête, les élèves qui participent au projet n’ont pas réellement eu besoin d’être convaincues autrement. Il faut dire qu’il ne s’agit pas d’une mesure d’aide destinée à une large population. Ceux et celles à qui elle s’adresse ne sont pas si nombreux, puisque le français oral n’est pas un enjeu problématique pour tous et que les exigences des différents programmes et milieux professionnels à cet égard sont également variables.

Correspondance — Quelles ont été les principales difficultés rencontrées jusqu’à maintenant dans la mise en œuvre du projet?

L.L. — Évidemment, sur le plan logistique, cela nécessite énormément d’organisation, puisqu’il s’agit de bâtir toute une programmation à partir des activités bénévoles offertes sur le campus. Cela suppose beaucoup d’échanges avec les personnes-ressources impliquées, lesquelles ne sont pas toujours faciles à rejoindre. Comme ces activités n’ont pas toujours lieu aux mêmes heures, le défi est également de coordonner ces plages horaires variables avec les disponibilités des tutrices. En outre, le projet étant actuellement en phase d’expérimentation, il y a beaucoup d’ajustements à apporter au fur et à mesure, ce qui accroit considérablement l’énergie déployée pour coordonner la mesure d’aide.

Malgré cela, les efforts en valent la peine et je vois déjà que l’expérience est enrichissante et positive pour les participantes. Leur engagement dans une variété d’activités bénévoles offre autant de prétextes à « communiquer » dans différents contextes – autres que strictement scolaires –, et ce, tout en restant au collège… Cela leur permet donc également de mieux connaitre leur collège, de découvrir qu’il ne s’agit pas uniquement d’une école, mais d’un véritable milieu de vie, animé par toute une communauté. Mon collègue Carl Aubut, conseiller pédagogique en services adaptés au SAIDE, appelle cela une « pédagogie de la solidarité ». Il me semble que cette expression est assez juste pour décrire l’esprit du projet et ses retombées éventuelles non seulement sur le plan linguistique, mais également sur le plan humain.

* * *

  1. À l’automne 2018, l’équipe était entièrement composée de femmes. Nous utilisons donc le féminin pour désigner les personnes ayant participé à cette première phase du projet. [Retour]

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